Alerte rouge face à la hausse des cas de rougeole en France

Par |Publié le : 25 mars 2025|Dernière mise à jour : 21 mars 2025|4 min de lecture|

Suite à la récente hausse du nombre de cas de patients atteints de rougeole, la Direction générale de la santé compte sur la vigilance des professionnels de santé. Leur mobilisation est cruciale en prévision d’une large diffusion sur notre sol de cette maladie hautement contagieuse. On fait le point.

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Recrudescence des cas de rougeole en France et dans le monde

Après s’être fait plutôt discret en 2021, 2022 et 2023, le virus de la rougeole fait de nouveau parler de lui. Il circule en effet activement sur notre territoire selon les autorités de santé qui observent une recrudescence des cas de rougeole en France.

Au point que la Direction Générale de la santé (DGS) a émis la semaine dernière une alerte DGS-Urgent à l’attention des professionnels de santé. Celle-ci avait pour but de les inciter à faire preuve de vigilance. Cette alerte intervient dans un contexte de recrudescence des cas de rougeole en Europe et dans le monde. Comme aux Etats-Unis, au Canada ou au Maroc par exemple.

Or, le virus de la rougeole est « l’un des virus les plus contagieux qui existent », selon les dires de François Dubos, chef de service des urgences pédiatriques du CHU de Lille. Et sa diffusion large à l’échelle du pays est à craindre dans les semaines à venir. D’où l’importance d’empêcher sa propagation sur notre territoire grâce à la mise en place d’un dépistage efficace et de mesures de prévention adéquates.

De l’importance d’un dépistage précoce et d’un signalement rapide des cas de rougeole

Des signes cliniques évocateurs tels qu’une fièvre de plus de 38,5 °C, une éruption et au moins l’un des signes suivants : conjonctivite, rhinite, toux, signe de Koplik, doivent impérativement faire soupçonner une rougeole. Et ce quel que soit le statut vaccinal du patient. Le diagnostic doit ensuite être confirmé biologiquement par prélèvement oropharyngé et RT-PCR ou recherche d’IgM salivaire ou sérique.

À savoir !Le signe de Koplik désigne l’éruption de petits points blanchâtres à l’intérieur de la bouche et sur la face interne des joues.

Tout cas clinique qui évoquerait une rougeole (même avant publication des résultats biologiques) devra faire l’objet d’un signalement rapide à l’agence régionale de santé. Cela avec envoi de la fiche de déclaration obligatoire. Les patients suspectés d’être atteints de rougeole devront dès lors être isolés avec éviction pendant la période de contagiosité soit 5 jours avant l’éruption et jusqu’à 5 jours après.

À savoir !La rougeole est l’une des 36 maladies à déclaration obligatoire, les médecins ont donc l’obligation de signaler les cas de rougeole aux autorités sanitaires.

De l’importance d’une couverture vaccinale élevée

Par ailleurs, limiter la circulation du virus et protéger les populations les plus fragiles nécessitent une couverture vaccinale élevée de la population. Les professionnels de santé et des professionnels de l’enfance doivent également se faire vacciner. C’est en effet grâce à la vaccination que les décès mondiaux liés à la rougeole ont chuté de presque 62 % entre 2000 et 2019. Il est donc conseillé aux professionnels de santé de vérifier en routine le statut vaccinal de leurs patients contre la rougeole. Un rattrapage vaccinal devra par ailleurs être réalisé le cas échéant selon les recommandations du calendrier des vaccinations (en respectant les contre-indications du vaccin trivalent ROR).

À savoir !En France, la vaccination contre la rougeole est obligatoire pour tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Une première dose est obligatoire à 12 mois et la seconde entre 16 et 18 mois.

S’agissant des cas contacts, leur statut vaccinal devra être vérifié. Le cas échéant, les vaccinations devront être mises à jour. Notons que si la vaccination contre la rougeole est réalisée dans les 72 heures suivant le contact avec un cas de rougeole, elle peut empêcher l’apparition de la maladie.

Il conviendra par ailleurs d’identifier parmi les cas contacts les personnes à risque de forme grave comme les femmes enceintes, les nourrissons de moins de 12 mois ainsi que les personnes immunodéprimées. Il est important de leur proposer une prophylaxie post-exposition grâce à :

  • Une dose du vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole ROR. Cette dose devra être administrée dans les 72 heures après l’exposition chez les nourrissons de 6 à 11 mois révolus.
  • L’administration d’immunoglobulines polyvalentes à l’hôpital dans les autres cas de figure.

Les autorités de santé insistent enfin sur la nécessité pour les voyageurs prévoyant de se rendre dans des pays endémiques ou épidémiques, de mettre à jour leur statut vaccinal avec :

  • Une dose de vaccin ROR pour les nourrissons dès l’âge de 6 mois.
  • Une dose de vaccin ROR pour les personnes nées avant 1980 non protégées contre la rougeole.
Sources
– Recrudescence des cas de rougeole : pourquoi les autorités sanitaires appellent à renforcer la vigilance en France . www.francetvinfo.fr. Consulté le 16 mars 2025.
– Épidémie de rougeole au Maroc : recommandations aux voyageurs et renforcement des mesures de précautions pour les professionnels de santé. www.santepubliquefrance.fr. Consulté le 16 mars 2025.
– Recrudescence de la rougeole : la DGS préconise une vigilance renforcée. www.vidal.fr. Consulté le 16 mars 2025.
– Vigilance renforcée dans le cadre de la recrudescence de la rougeole en France. DGS Urgent. . sante.gouv.fr. Consulté le 16 mars 2025.

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Deborah L.
Pharmacienne. Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie. Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.