Après les IPP, une nouvelle classe de protecteurs gastriques ?

Par |Publié le : 18 mars 2025|Dernière mise à jour : 17 mars 2025|3 min de lecture|

D’après les données de la Haute Autorité de Santé, en 2019, plus de 16 millions de Français ont été traités par un inhibiteur de la pompe à protons (IPP). Dans plus de la moitié des cas, ces traitements n’étaient pas justifiés sur le plan médical. Cela alors que les IPP sont associés à des risques importants d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses. Face à la demande croissante de protecteurs gastriques, les chercheurs étudient de nouvelles substances actives. Parmi les plus prometteuses, figurent les P-CABs (potassium-competitive acid blockers).

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Les médicaments protecteurs gastriques

Il existe actuellement différentes classes de protecteurs gastriques, parmi lesquels :

  • Les antiacides d’action locale, par exemple les alginates ;
  • Les pansements digestifs ;
  • Les anti-histaminiques H2, utilisés pour traiter le reflux gastro-oesophagien ;
  • Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) parfois prescrits en associés avec les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour limiter leurs effets gastriques.

Les mécanismes d’action de ces différents protecteurs gastriques sont différents. Plus récemment, les chercheurs ont développé de nouveaux anti-sécrétoires gastriques, les P-CABs (potassium-competitive acid blockers). Comme les IPP, ils agissent sur les pompes à protons présentes dans l’estomac pour limiter la production d’acide chlorhydrique, dont l’excès peut entraîner des remontées acides et des brûlures d’estomac. Mais leur mécanisme d’action précis est différent.

Une nouvelle classe d’anti-sécrétoires gastriques

Plusieurs substances actives ont été décrites dans cette nouvelle classe thérapeutique, par exemple le zastaprazan, le vonoprazan, le tegoprazan et le fexuprazan. Plusieurs études cliniques ont comparé leur efficacité par rapport à des IPP, comme l’oméprazole et l’ésoméprazole. Les données indiquent que l’action des P-CABs serait plus rapide, plus importante et plus prolongée que celle des IPP, notamment dans loesophagite érosive. Le zastaprazan pourrait ainsi réguler le pH de l’œsophage sur une période de 24 heures.

Cette nouvelle classe thérapeutique d’anti-sécrétoires gastriques pourrait être indiquée dans le traitement de plusieurs affections digestives :

Une alternative aux IPP ?

Autre intérêt des P-CABs, ils entraîneraient peu d’effets indésirables. Les IPP quant à eux peuvent être associés à des effets secondaires tardifs gênants. Une malabsorption de la vitamine B12 et des atteintes rénales sont des exemples de possible compications. Surtout, les IPP sont pointés du doigt par les autorités de santé publique pour la multiplication des cas de mésusage de ces médicaments. Certains, disponibles en vente libre, sont encore souvent prescrits en dehors des indications thérapeutiques. La hausse massive des prescriptions d’IPP augmente parallèlement le risque d’interactions médicamenteuses parfois graves. Les IPP interagissant notamment avec des antiagrégants plaquettaires ou des médicaments immunosuppresseurs.

Les P-CABs pourraient ainsi devenir une alternative aux IPP, peut-être en seconde intention chez les patients atteints d’affections digestives réfractaires aux traitements. Ces médicaments sont disponibles en Asie depuis 2015. L’un d’entre eux, le vonoprazan a été autorisé par l’agence américaine du médicament (Food and Drug Administration, FDA) en 2024. A ce jour, aucun P-CABs n’a été encore autorisé en Europe.

Sources
– Bon usage des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). www.has-sante.fr. Consulté le 8 mars 2025.
– Potassium-competitive acid blockers and proton-pump inhibitors for healing of erosive esophagitis: a systematic review and network meta-analysis . pubmed.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 8 mars 2025.
– Quels effets indésirables des Inhibiteurs de la Pompe à Protons (IPP) ?. www.rfcrpv.fr. Consulté le 8 mars 2025.

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Estelle B.
Pharmacienne
Pharmacienne Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient. Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.