Les grands principes de l’acupression
Technique manuelle issue de la médecine traditionnelle chinoise, l’acupression consiste à stimuler certains points du corps par pression, sans recours aux aiguilles. Présentée comme une alternative naturelle pour soulager la douleur, améliorer le sommeil ou réduire le stress, elle gagne en popularité en Occident. Mais que sait-on vraiment de ses fondements ? Et que révèlent les études scientifiques sur ses effets ? Voici un tour d’horizon des grands principes de l’acupression, à la lumière des connaissances actuelles.

Qu’est-ce que l’acupression ?
L’acupression s’appuie sur les mêmes principes que l’acupuncture. Elle repose sur un réseau de points clés, répartis le long de méridiens, permettant selon la médecine traditionnelle chinoise, de faire circuler l’énergie vitale, le Qi. Ces points seraient connectés à différents organes ou fonctions du corps. En appliquant une pression ciblée à ces endroits, avec les doigts, la paume ou des outils spécifiques, on cherche à rééquilibrer cette énergie, considérée comme essentielle à la santé.
Sans aiguilles, ni ventouses, l’acupression se pratique aussi bien en cabinet que chez soi, en auto-massage ou dans des séances de relaxation guidée.
Les notions de méridiens et de Qi ne s’appuient pas sur des bases anatomiques ou physiologiques reconnues par la médecine occidentale. Dans le cadre de la recherche clinique, ces éléments sont donc considérés de façon symbolique, ce qui n’empêche pas leur exploration à travers des protocoles scientifiques rigoureux.
Quels sont les effets de l’acupression ?
L’acupression a fait l’objet de plusieurs études scientifiques, incluant des essais cliniques randomisés et plusieurs revues systématiques. Les indications les plus fréquemment explorées sont les douleurs chroniques (lombalgies, migraines, douleurs menstruelles), les nausées et vomissements (notamment en post-opératoire ou après chimiothérapie), ainsi que les troubles du sommeil, de l’anxiété ou de la fatigue.
Les résultats suggèrent des effets bénéfiques modérés dans certaines situations ciblées, bien que les résultats soient parfois hétérogènes.
Plusieurs hypothèses biologiques ont été avancées pour expliquer ces effets :
- Une activation des fibres nerveuses cutanées, qui favoriserait la libération de substances analgésiques, comme les endorphines.
- Une modulation du système nerveux autonome, influençant la fréquence cardiaque, la détente musculaire ou la réponse au stress.
- Un effet contextuel et relationnel, lié à l’attention portée au corps, à la posture, et à la relation thérapeutique.
Cependant, ces mécanismes restent partiellement compris et leur implication varie selon les études. Les limites méthodologiques sont également à noter. Des recherches supplémentaires, plus rigoureuses et de plus grande ampleur, sont encore nécessaires pour mieux cerner les effets spécifiques de l’acupression.
Comment pratiquer l’acupression ?
En pratique, l’acupression consiste à stimuler certains points précis du corps à l’aide des doigts (généralement le pouce ou l’index), de la paume ou d’accessoires spécifiques comme des rouleaux ou des bracelets à pression. Le geste peut être statique (pression maintenue) ou circulaire (petits mouvements ronds). La pression doit être ferme mais non douloureuse, adaptée à la sensibilité de la personne. Les recommandations issues des études cliniques varient, mais suggèrent généralement de maintenir la pression pendant 30 secondes à 2 minutes, et de répéter l’opération une à plusieurs fois par jour, en fonction de l’effet recherché. L’acupression peut être réalisée en auto-massage, par un praticien spécialisé, ou intégrée à des approches comme le shiatsu ou la réflexologie.
Certaines précautions sont à respecter : éviter les zones blessées, enflées ou douloureuses, ne pas exercer de pression excessive, et consulter un professionnel de santé en cas de doute (grossesse, troubles chroniques, traitement médical en cours).
Principaux points utilisés :
- P6 (Neiguan) : situé environ trois largeurs de doigt sous le poignet, entre deux tendons. Ce point est souvent stimulé pour soulager les nausées, notamment en post-opératoire ou pendant la grossesse.
- LI4 (Hegu) : localisé sur le dos de la main, entre le pouce et l’index. Il est associé à un effet antalgique, notamment contre les maux de tête ou les douleurs menstruelles.
- Yintang : placé entre les sourcils, parfois surnommé le « troisième œil ». Il est utilisé pour apaiser le stress, favoriser la détente ou améliorer l’endormissement.
Il existe de nombreux autres points utilisés selon les objectifs visés. Comme pour toute approche complémentaire, leur utilisation s’envisage dans un cadre global de bien-être, sans se substituer à un traitement médical.
Pratique millénaire d’origine chinoise, l’acupression suscite un intérêt croissant dans le domaine du bien-être et de la santé intégrative. Si ses fondements énergétiques ne reposent pas sur des bases reconnues par la médecine occidentale, ses effets font l’objet de recherches cliniques de plus en plus nombreuses. Simple à mettre en œuvre, bien tolérée et sans aiguilles, l’acupression peut s’intégrer dans une approche globale du bien-être, à condition de respecter les bonnes pratiques et de ne jamais se substituer à un avis médical.
– Fédération québécoise des massothérapeutes agréés, L’acupression,. www.fqm.qc.ca. Consulté le 31 mars 2025.
– Université de Hong Kong, Chine, Acupression auto-administrée pour le traitement de l'insomnie : un essai pilote randomisé contrôlé. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 31 mars 2025.
– Revue canadienne de soins infirmiers en oncologie, Efficacité de l’acupression sur les symptômes de nausées et de vomissements chez les patients en chimiothérapie. pmc.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 31 mars 2025.
– Université Estadual de Campinas, Brésil, Effets de l'acupression sur la progression du travail et le taux de césariennes : essai clinique randomisé. pmc.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 31 mars 2025.
Cet article vous a-t-il été utile ?