Soirée alcoolisée : le vrai du faux des conseils pour lutter contre les lendemains difficiles

Par |Publié le : 2 avril 2025|Dernière mise à jour : 2 avril 2025|4 min de lecture|

Maux de tête, nausées, vertiges, bouche sèche, fatigue… Après une soirée bien arrosée, la fameuse « gueule de bois » s’invite souvent au réveil. Malgré la popularité de nombreuses « astuces » censées l’atténuer, peu reposent sur des preuves scientifiques solides. Cet article fait le point, à partir des connaissances actuelles, sur ce qui fonctionne (et ce qui ne marche pas) pour limiter les effets d’un excès d’alcool.

Femme qui se réveille et se tient la tête

Que se passe-t-il dans l’organisme après une consommation excessive d’alcool ?

La gueule de bois résulte des symptômes qui apparaissent une fois que l’alcool a été éliminé du corps. Plusieurs mécanismes biologiques entrent en jeu :

  • L’élimination de l’alcool : Le foie transforme l’éthanol en acétaldéhyde, une substance toxique responsable de nombreux symptômes, avant de le convertir en acétate.
  • La déshydratation : L’alcool inhibe la vasopressine, une hormone antidiurétique, ce qui augmente l’élimination de l’eau et des sels minéraux. Résultat : bouche sèche, fatigue, maux de tête.
  • L’inflammation : L’alcool provoque une réaction inflammatoire, exacerbant la douleur, les troubles digestifs et le malaise général.
  • Les troubles du sommeil : Bien que l’alcool aide à s’endormir, il fragmente le sommeil et en diminue la qualité, augmentant la sensation de fatigue au réveil.

La sensibilité à la gueule de bois varie d’un individu à l’autre, en fonction de facteurs tels que le métabolisme, l’hydratation, et le type de boisson consommée (certaines, comme le vin rouge ou le whisky, contiennent plus de congénères, substances pouvant aggraver les symptômes).

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Les fausses bonnes idées : ce qui ne fonctionne pas (ou très peu)

Certaines astuces largement partagées n’ont pas fait leurs preuves, voire peuvent exacerber les symptômes :

  • Reboire de l’alcool pour atténuer les effets : Ce conseil repose sur le fait que l’alcool peut retarder temporairement les symptômes. En réalité, il ne fait que décaler leur apparition et aggrave la déshydratation.
  • Boire du café pour se « remettre les idées en place » : Le café, lui aussi diurétique, peut accentuer la déshydratation. Il peut aussi perturber le retour au calme si le sommeil a été altéré.
  • Prendre un antidouleur avant de dormir : Le paracétamol peut être toxique pour le foie en présence d’alcool. Les anti-inflammatoires (ibuprofène, aspirine) peuvent irriter l’estomac et les reins, surtout en cas de consommation excessive. Ils doivent être utilisés avec précaution et seulement en l’absence de contre-indications.
  • Manger gras après avoir bu : Cette idée reçue n’a pas d’effet protecteur a posteriori. Si manger avant ou pendant la consommation peut ralentir l’absorption de l’alcool, un repas copieux après la soirée n’atténuera pas les symptômes.
  • Compléments miracles, boissons détox ou pastilles d’hydratation : La plupart des produits vendus comme remèdes contre la gueule de bois ne reposent sur aucune preuve scientifique solide. Certains, comme les boissons enrichies ou les patchs vitaminés, peuvent même induire une fausse sécurité, en banalisant la consommation excessive.

Les conseils validés par la science pour limiter les effets du lendemain

Il n’existe pas de remède miracle contre la gueule de bois. En revanche, plusieurs mesures simples peuvent limiter son intensité :

  • Hydratation régulière : Boire de l’eau pendant et après la consommation d’alcool aide à compenser les pertes hydriques. L’idéal : un verre d’eau entre chaque verre d’alcool.
  • Manger avant et pendant la soirée : Un repas riche en fibres, en protéines et en graisses ralentit l’absorption de l’alcool dans le sang.
  • Espacer les verres : Boire lentement permet de réduire les pics d’alcoolémie et de laisser au foie le temps de métaboliser l’éthanol.
  • Choisir ses boissons : Préférer les alcools clairs (vodka, gin) aux plus foncés (vin rouge, whisky) qui contiennent plus de congénères.
  • Dormir suffisamment : Même si le sommeil est de moins bonne qualité, il reste essentiel pour récupérer.
  • Éviter les solutions trompeuses : Les produits détox et autres remèdes miracles n’ont pas fait leurs preuves. La meilleure stratégie reste de modérer sa consommation d’alcool pour prévenir la gueule de bois.
À savoir !Il est essentiel de souligner que la consommation excessive d’alcool peut entraîner de graves conséquences pour la santé, bien au-delà de la gueule de bois. En France, environ un quart des adultes dépassent les repères de consommation recommandés, ce qui les expose à des problèmes majeurs, tels que des maladies hépatiques, cardiovasculaires, neurologiques, et un risque accru de cancers. L’alcool est responsable de 41 000 décès par an et demeure la deuxième cause de mortalité prématurée dans le pays.

La gueule de bois résulte d’une consommation excessive d’alcool. S’il n’existe pas de remède miracle pour l’éviter, certaines habitudes peuvent en atténuer les effets : bien s’hydrater, manger équilibré, espacer les verres… Mais la véritable prévention passe avant tout par un usage responsable et conscient. Car au-delà du malaise du lendemain, l’excès d’alcool peut entraîner des conséquences graves pour la santé. Modérer sa consommation reste donc essentiel pour préserver son bien-être à long terme.

Sources
– Ligue contre le cancer, Focus sur les nouvelles “astuces” anti-gueule de bois. www.ligue-cancer.net. Consulté le 24 mars 2025.
– INSERM, Alcool & Santé,. www.inserm.fr. Consulté le 24 mars 2025.

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Julie R.
Infirmière pendant 15 ans, dont 10 en pédiatrie, Julie R. est animée par une passion pour la santé, l'écologie et les sciences. Spécialisée en rédaction web SEO, alliant respect de notre charte HIC et approche humaine, elle met son expérience au service d’une meilleure compréhension de la santé pour le plus grand nombre